Marine face à son destin..
Le 22 avril, en obtenant 17.9% des suffrages exprimés et 6.5 millions de voix, la démarche et le positionnement de Marine Le Pen ont été consacrés par le vote démocratique. Cependant, tout en retrouvant le niveau de son père en 2002, elle n’est qu’en troisième position et ne pourra donc participer au 2ème tour de l’élection présidentielle. Reconnue comme incontournable en raison de ce résultat, ce sont les reports de voix de son électorat qui arbitreront le résultat du 6 mai. Se pose donc pour elle le choix d’une stratégie pour que ses propositions soient prises en compte. En décidant d’attendre son intervention lors du traditionnel rassemblement du FN à Paris le 1er Mai, elle ne s’est pas facilité la tâche.
En effet, le vote de deuxième tour de ses partisans est au cœur des interventions des deux postulants et de leurs équipes. Malgré les déclarations et prises de position souvent hostiles de certains dirigeants de l’UMP à toute discussion ou accord avec le FN, toutes les possibilités doivent être examinées pour en mesurer les conséquences dans la durée, d’autant plus que depuis le 22 avril Nicolas Sarkozy a multiplié les promesses de mettre en œuvre une politique qui reprend de nombreux thèmes de campagne de Marine Le Pen.
L’alternative est donc soit de soit de s’engager pour l’un des deux finalistes en leur proposant une plateforme politique et un accord électoral pour les législatives, soit de laisser faire, voire de prendre parti pour l’un des candidats sans aucune contrepartie, en tablant d’une part sur la défaite de Nicolas Sarkozy et l’implosion consécutive de l’UMP, d’autre part sur l’échec annoncé de la politique mondialiste de François Hollande et du PS, ce qui pourrait la placer en 2017 comme seule alternative des deux représentants du Système ?
Si on retient la première hypothèse, pour tenir ses engagements et ne pas décevoir son électorat, pour ne surtout pas apparaître comme une politicienne ordinaire uniquement préoccupée par des places, Marine Le Pen devra exiger que certains points essentiels de son programme soient pris en compte par le président sortant et à minima :
- La réforme du code de la nationalité avec l’abandon du droit du sol au profit du droit du sang,
- La restauration des frontières européennes pour la protection de notre économie, pour le contrôle rigoureux de l’immigration, pour l’encadrement du monde de la finance, ou, à défaut, le rétablissement unilatéral de celles dela France,
- Le rétablissement de la sécurité en remettant les victimes et non les délinquants au centre de l’administration policière et judiciaire,
- L’arrêt de la discrimination dite positive et de la préférence étrangère et le refus de tout communautarisme, à défaut de l’instauration de la priorité nationale.
François Hollande – allié de l’extrême gauche et soutenu massivement par les communautés d’origine africaine et de confession musulmane – restant dans la logique d’une politique mondialiste d’ouverture de nos frontières que ce soit pour les capitaux, les populations ou les produits et ayant exprimé l’intention de l’accentuer en régularisant les clandestins et en accordant le droit de vote aux étrangers extra européens, il ne semble pas envisageable qu’il y réponde favorablement.
Dans ce cas, Marine Le Pen ne peut que mettre Nicolas Sarkozy au pied du mur. S’il veut son soutien et celui de ses électeurs, il devra s’engager clairement sur ces éléments et prendre un accord de retrait réciproque du candidat le moins bien placé aux législatives de juin afin que le FN puisse constituer un groupe à l’Assemblée Nationale. Marine Le Pen ne doit pas oublier que si l’abstention est de 30 % aux législatives, la règle des 12.5% pour qu’un candidat puisse se maintenir au deuxième tour nécessite d’atteindre 17.85% des votes au premier tour.
Par contre, un tel accord pourrait faire perdre au président candidat le soutien de représentants de l’UMP, comme Alain Juppé, Chantal Jouanno etc. Mais ceux-ci font déjà des déclarations qui vont à l’encontre de sa campagne. De plus, quelle est leur influence véritable sur les électeurs ? Si l’on se reporte aux sondages sur les souhaits de ces derniers relatifs à des accords avec le FN, elle est certainement très marginale. Ils sont souvent les parfaits représentants de l’oligarchie plus proches de leurs homologues socialistes que du peuple.
On peut penser que beaucoup de députés sortants seraient heureux de sauver leur mandat du fait de cet accord, sans oublier son impact aux prochaines élections locales. Une nouvelle majorité pourrait se mettre immédiatement en place pour mettre en œuvre une véritable politique de rupture avec celle suivie depuis 30 ans. Si Nicolas Sarkozy ne donne pas suite à cette offre constructive, c’est lui qui apparaitra comme seul responsable de sa défaite et de celle de l’UMP aux législatives.
Si Marine Le Pen choisit l’autre alternative, la victoire du candidat socialiste semble assurée, suivie d’un raz de marée des gauches aux législatives. En effet, sur la base des résultats des présidentielles, le FN pourrait se maintenir dans beaucoup de circonscriptions, ce qui, très souvent, dans le cadre d’une triangulaire assurera la victoire des gauches.
De plus, il n’aura probablement que très peu d’élus, voire aucun. Par contre, Marine Le Pen et le FN seront considérés comme responsables de cette situation. Si l’UMP se divise, la nouvelle majorité aura les mains libres et rien n’assure que ses représentants les mieux disposés envers le FN se rapprocheront de ce dernier, amers d’avoir été battus à cause de lui. Si elle maintient son unité, l’UMP pourrait retrouver son rôle d’opposant principal au détriment du FN. Or est-il sérieusement envisageable que le FN à lui seul obtienne la majorité absolue en 2017 ?
Mais surtout, pendant cinq ans, les gauches, contrôlant la quasi-totalité des pouvoirs, vont en profiter pour accélérer la politique du « Grand Remplacement » dont on voit les effets dans les résultats en baisse du FN dans l’Ile de France, suite au départ de la population « de souche ». Ils renforceront les lois liberticides et les associations – LDH, MRAP, LICRA, etc. - chargées de mettre en œuvre la dénonciation des contrevenants sans oublier les organismes d’Etat dont la seule mission est de désarmer la capacité de défense des autochtones au nom de la lutte contre les prétendues discriminations. De ce fait, cette option ne risque-t-elle pas de rendre irréversible la situation de notre pays ?
Marine Le Pen est donc confrontée à un choix difficile si sa volonté d’arriver au pouvoir est bien réelle. Privilégier l’intérêt et l’avenir dela Franceet des Français par un accord limité immédiat avec N. Sarkozy qui lui permette de mettre en œuvre une partie de son programme avec le risque de décevoir une partie de son électorat tout en n’étant pas assuré de la réélection de celui-ci ou jouer l’aggravation de la situation pour ramasser toute la mise en 2017 en donnant à F. Hollande la possibilité de rendre quasiment irréversible ce que Renaud Camus appelle « le Grand Remplacement » car la composition du corps électoral ne lui permettra plus d’obtenir une majorité pour gouverner. Le 1er Mai, Marine Le Pen peut jouer son destin : rester un éternel opposant sans pouvoir ou devenir un homme d’Etat.
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