Le blog du Colibri

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Le thé avait un goût de white-spirit

Alors que son mari, père de leurs trois enfants, dort au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, Martine*, bientôt quinquagénaire, confie son angoisse. « Maintenant je réalise que, de la même manière qu’il a voulu m’empoisonner avec du white-spirit, il aurait aussi bien pu me tuer, m’égorger avec un couteau, ou encore me flinguer avec un ! Il aurait aussi pu s’en prendre à notre fille… », imagine Martine, employée dans une grande surface, qui s’exprime pour la première fois depuis les faits. 

 

Son époux, âgé de 54 ans et avec lequel elle était en instance de divorce, a versé mercredi dernier du white-spirit dans sa bouilloire à l’heure du thé. Il a été mis en examen samedi pour « tentative d’empoisonnement » puis écroué.

Martine se rappelle avec précision du déroulé des faits. « Mercredi, j’avais invité une amie à venir boire un thé », dit-elle en montrant les sachets saveur vanille-caramel. « Il était 15h30. Mon mari est parti en sachant parfaitement ce qu’il venait de faire. Quand j’ai versé l’eau dans les tasses, j’ai senti l’odeur du white-spirit. Je la connais bien, c’est moi qui avais acheté la bouteille parce que je fais des travaux dans ma cuisine », souligne l’épouse visée en montrant la peinture neuve autour de l’encadrement de la fenêtre donnant sur un jardin. Martine retire immédiatement les tasses. Elle s’accorde sa pause thé avec son amie, puis se rend au commissariat avec la bouilloire, preuve du.

Le mari a reconnu les faits

Les investigations confirment la présence du white-spirit dans le récipient. Jeudi matin, les policiers placent le mari en garde à vue. « C’est au bistrot qu’ils l’ont trouvé », précise l’épouse. Et d’ajouter : « Mon mari, Dominique, ne veut pas soigner son alcoolisme. Il était chauffeur routier mais il a perdu son permis à cause de la boisson. Il aurait pu le récupérer mais il n’a jamais passé les visites obligatoires. N’en pouvant plus, j’ai demandé le divorce. » Au  de son audition, le quinquagénaire a reconnu avoir versé le produit diluant dans la bouilloire. Pour supprimer son épouse, sans pourtant avoir véritablement conscience de ce qu’il faisait. Il n’a pas donné d’autres explications. Hier, Martine était encore sous le choc. « C’est terrible car, jusqu’à maintenant, jamais je n’avais imaginé qu’un drame puisse subvenir. Vous vous rendez compte, ma fille avait l’habitude, elle aussi, de se faire des boissons chaudes et du thé », soupire-t-elle dans un tremblement.



02/05/2012
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