Le blog du Colibri

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comment « se casser les dents sur un Flanby »

La partie n’était pas facile pour Nicolas Sarkozy, qui jouait sa peau, ce mercredi soir, dans ce débat entre les deux finalistes de l’élection présidentielle. Largué dans les sondages, il était condamné à prendre des risques, à être très offensif pour « débusquer » son adversaire. Il devait le pousser à la faute.

A l’inverse, en tête dans les sondages, François Hollande pouvait, lui, encaisser ces coups avec flegme. Mais il a préféré ne rien laisser passer. Les deux hommes ont donc mené ce duel avec pugnacité, parfois une pointe de puérilité, mais en se contrôlant. Aucun n’a sombré dans la colère (fût elle « saine ») même si la tension était forte.

Hollande peut se féliciter du résultat. Pour lui, même un match nul était bon à prendre. Or, force est de constater que Nicolas Sarkozy, qui entendait « exploser » son adversaire, n’a jamais réussi à le dominer.

Sarkozy bagarreur, Hollande mitterrandien

Le socialiste connaît bien ses dossiers et, bien loin de l’image de mollesse que ses adversaires lui prêtent, il s’est montré combatif, ne laissant jamais le président Sarkozy, pourtant armé de son expérience, prendre le dessus. « C’est la première fois qu’un homme se casse les dents sur un Flanby », s’amusait-onsur Twitter dans la soirée.

L’onction présidentielle du chef de l’Etat n’a pas profité au Sarkozy bagarreur du débat. Et Hollande a, lui, exhibé sans complexe, voire avec une pointe de morgue, par moments, sa « présidentialité ». Il a même, dans une anaphore conquérante, martelée l’idée de celle-ci vers la fin du débat : « Moi, président de la République... Moi, président de la République... »

L’estocade de la fin de campagne

Nicolas Sarkozy a alors commis l’erreur de ne pas l’interrompre : il était facile de se moquer de sa grandiloquence. Il a attendu la fin de la tirade pour le faire, brièvement (« On en avait la larme à l’œil », « imitation de Mitterrand »...). Trop tard : le moment fort du débat, estocade de la fin de campagne, était passé.

Seconde erreur de Nicolas Sarkozy, beaucoup plus grave : celle de ne pas avoir trouvé un moment pour parler de ses propres propositions. Tout le débat a tourné autour de son bilan (noir) et du projet de Hollande (rose). Jamais autour de sa vision, à lui, de l’avenir.

Hollande au centre de l’échiquier

Les joueurs d’échecs savent bien qu’il faut occuper le centre de l’échiquier : ce mercredi soir, c’est Hollande qui y avait placé ses pièces, et Sarkozy semblait incapable de l’en déloger. Le candidat de l’UMP, qui s’était montré si calme face à Ségolène Royal, il y a cinq ans, s’est retrouvé tantôt dans l’invective, tantôt sur la défensive, jamais dans le rêve, tournant autour d’un Hollande sans prise.

Le résultat, c’est que le socialiste a « présidé » le débat, mitterrandien en diable, se permettant même quelques sautes d’humour. L’actuel Président, lui, n’a jamais trouvé la faille de cet adversaire qu’il était pourtant impatient de mettre en morceaux « façon puzzle ».



03/05/2012
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